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publié sur le site ra-sante, en octobre 2015.

Sifflements, bourdonnements, cliquetis… Les acouphènes sont aussi incommodants que mystérieux. Si une proportion peut être traitée médicalement et parfois  chirurgicalement, la cause  ne trouve pas toujours son origine dans une atteinte physique. Les explications d’Anne-Marie Piffaut, ORL, spécialiste en psychosomatique et praticienne EMDR Fleurieux sur L’Arbresle prés de Lyon (69210) , et Josiane Fraisse, sophrologue grenobloise spécialiste des acouphènes.

 

Les acouphènes toucheraient plus de 2 millions de personnes dans notre pays selon une estimation de France Acouphènes. Autant dire qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. Considérés comme un symptôme et non pas une maladie, les acouphènes sont un bruit perçu dans une oreille, parfois les deux, ou dans toute la tête. Ces sons proviennent de l’intérieur. Ils sont fabriqués par le corps. Les patients les décrivent différemment : sifflements, bourdonnements, tintement de cloche ou d’objet métallique… « Ce qui importe surtout, c’est la perception subjective plus ou moins forte de l’intensité de ces sons plus que leur caractéristique qualitative », explique Anne-Marie Piffaut, ORL lyonnaise spécialise des acouphènes. 

Quel que soit leur forme, le retentissement des acouphènes sur la vie des individus peut être très fort. Cause ou conséquence ?

(…)

Les acouphènes, c’est dans la tête ?

Dans la mesure où il n’est pas perçu de l’entourage, les personnes souffrantes peuvent se trouver doublement victimes. Certaines disent : « mais je ne suis pas folle ». Il faut savoir que « ce n’est pas tant l’acouphène qui est gênant, que la perception que l’on en a », estime Anne-Marie Piffaut. « L’acouphène est une aberration auditive. Il peut avoir toujours été là, mais la personne n’avait jusque lors jamais conscientisé ce bruit. En général, tous se souviennent précisément du moment où cela a commencé : un examen, une altercation avec son chef, une nocturne passée dans un concert,un son de cloches assourdissant… », rapporte Josiane Fraisse.

« Cette aberration auditive peut être majorée par des troubles émotionnels et anxio-dépressifs préexistants ou conséquence des acouphènes. Il faut savoir aussi que l’oreille fabrique du bruit depuis qu’elle est constituée. Ce sont les oto-émissions acoustiques qui normalement sont réceptionnées en sous cortical (sous le cortex auditif, donc sub-conscientes). Pour différentes raisons elles passent dans la conscience. Donc,   ces « bruits » ont  toujours été présents depuis que l’oreille est formée, mais les personnes n’en avaient pas conscience jusque-là », ajoute l’ORL lyonnaise.

Pour autant, la souffrance est bel et bien là. « Certaines personnes se sont tellement focalisées sur leurs acouphènes qu’elles ont l’impression que leur corps n’est plus qu’une oreille. C’est un peu comme la douleur des membres fantômes », poursuit la sophrologue grenobloise.

Des causes subjectives

Quand les acouphènes résistent à toute thérapeutique médicale, alors, peut-être faut-il aller chercher d’autres explications possibles. « Les gens pourraient chercher  une cause psychologique pour ces symptômes », affirme  Anne-Marie Piffaut. « Parfois, il faut remonter très loin dans l’enfance pour trouver l’origine du problème ». Pendant les séances d’EMDR ou de TIPI, il arrive de retrouver une cause fœtale (vécu stressant de la mère pendant la grossesse, gémellarité et perte d’un jumeau), une origine obstétricale au moment de la naissance (circulaire du cordon, perte de connaissance intra-utérine, prématurité). « J’ai le cas d’un patient souffrant d’acouphènes et d’hyperacousie. Il est né prématuré et ne supportait pas les bruits métalliques. Durant toute une séance d’EMDR, il n’a évoqué comme souvenir traumatique que des sensations physiques, aucune pensée. Cela laissait imaginer un traumatisme très précoce, notamment quand il a passé ses premiers jours en couveuse », poursuit-elle. 

Aujourd’hui, les équipes médicales font justement attention au niveau sonore dans les services accueillant des prématurés car on s’est rendu compte de l’impact néfaste de ces bruits intenses produits sans aucune précaution sur le développement du bébé. La sophrologue et le Dr Piffaut  sont convaincues que les facteurs de stress et l’anxiété sont non seulement souvent responsables du déclenchement des acouphènes mais aussi de leur pérennisation, et que les causes sont multifactorielles. On peut « et » souffrir d’une lésion auriculaire « et » être stressé. Il est toujours intéressant de se poser la question : « Qu’est-ce qui ne va pas dans ma vie ? », « De quoi j’ai besoin pour vivre en pleine santé ? ».

Apprendre à vivre avec les acouphènes

A partir de là, plusieurs thérapies sont possibles. Si parfois les acouphènes disparaissent totalement, l’objectif de ces techniques est avant tout «  d’apprendre à vivre avec, de changer la perception que la personne a de la douleur en considérant ce bruit tel qu’un autre, comme faisant partie de son environnement sonore de l’instant présent », explique Josiane Fraisse. Cette dernière pratique un protocole élaboré par le pôle « Sophrologie et acouphènes ». 

De son côté, Anne-Marie Piffaut nous explique que les retours de ses patients sont très positifs. « Ce sont eux qui témoignent en disant « Les acouphènes, je ne les entends plus » ou « les acouphènes sont toujours là, ils ne me gênent plus, ce n’était pas le plus important ». Dès la première consultation, les patients comprennent qu’on ne peut pas agir directement sur les symptômes quels qu’ils soient et qu’ils sont les auteurs de leur propre guérison.  » Dès la fin de la première consultation, on ne parle plus du symptôme. La perception des symptômes diminue et les symptômes disparaissent quand les problèmes personnels sont traités. Ce qui a changé, c’est la perception de leurs troubles et un mieux être dans leur vie. Mais toutes les personnes ne sont pas prêtes à changer. Le changement est angoissant et il prend du temps », rapporte la spécialiste. 

Le Dr Piffaut pratique plusieurs types de psychothérapie de façon intégrative en fonction du profil de ses patients : thérapies comportementales et cognitives, analyse transactionnelle, EMDR, psychogénéalogie, hypnose, cohérence cardiaque, méthode TIPI (identification des peurs inconscientes)… Les cabinets des deux praticiennes ne désemplissent pas, avec de beaux résultats à la clef. Une seule solution pour que la thérapie fonctionne : être motivé !

 

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